Le verbasizer de Bowie, un générateur d’inspiration

Un fantasme persistant colle à la peau des agences de naming : la création de noms informatisée, par le truchement de programmes ou autres algorithmes miraculeux. Ce mythe repose sur le fait que certains acteurs auraient développé des logiciels « intelligents » (cela reste encore à démontrer) proposant des noms créés à partir de combinaisons de racines ou de mots pré-renseignés. En résulte des mots-valises décontextualisés, désincarnés, sans émotion ni supplément d’âme. Vous l’aurez compris, la méthodologie Nomen valorise sans ambiguïté la création en chair, en os, en émotions, en sensibilités, qu’elle soit individuelle ou collective.

Loin d’être une posture rétrograde ou méprisante, cela correspond davantage à une foi sans limite en l’humain, en son pouvoir créatif, son intelligence, ses ressources intarissables. En revanche, si l’on est très sceptique sur l’utilisation de logiciels pour générer du naming pertinent, force est de constater qu’ils peuvent avoir du sens dans le cadre de démarches artistiques exploratoires.

L’exposition David Bowie à la Philharmonie est musicalement et visuellement très riche : un vrai bonheur pour les fans, mais pas seulement.

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Cette rétrospective nous a également permis de découvrir l’existence du « verbasizer« . Dans les années 90, ce logiciel a été créé pour Bowie pour générer en studio d’enregistrement des idées, titres et paroles de chansons. La légende dit que Bowie sélectionnait des articles de journaux, découpait des mots, des phrases, jetait tout ça dans un chapeau, puis piochait les fragments de papier pour créer ses paroles. Un process créatif qui n’est pas sans rappeler les surréalistes et les cadavres exquis.

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Cadavre exquis_André breton,Valentine Hugo, Tristan Tzara et greta Knutson, 1933

C’est alors que Ty Roberts (entrepreneur visionnaire qui croyait au mariage de la technologie et de la musique) a eu l’idée de développer spécialement pour l’artiste un logiciel dédié, efficace et rapide. Une expérience créative qui a permis à Bowie d’explorer des territoires improbables… et de renouveler son inspiration.

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Une vidéo collector montrant l’artiste utiliser le verbasizer :

Une démarche artistique aussi poétique que surréaliste, très séduisante… mais difficilement transposable au naming. Les créateurs de noms ne sont pas (encore) des artistes… mais qui sait ?

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